>> PRESSE <<

> Culture de mort

Le grand quotidien de l'Ouest a consacré une page entière le 15 octobre (en couleur, toutes éditions) à faire la promotion du film de deux artistes rennaises, Isabel et Mariana Otero, consacré à la mort de leur mère des suites d'un avortement qu'elle avait pratiqué sur elle-même en 1968. Car ”nous ne sommes pas à l'abri d'un recul sur l'avortement”. Nouveau reportage et publicité gratuite pour le film en dernière page le 30 décembre (couleur, toutes éditions). Les Hutin-Desgrées (famille qui dirige aujourd'hui le journal, l'épouse du PDG étant de surcroît députée européenne de la liste Bayrou) auront bien travaillé en 2003 pour la culture de mort et d'avortement qui règne en France. Mais est-ce vraiment pour cela que l'abbé Trochu avait fondé un quotidien ?

> Un courrier d'E. Geffray, d'Eréac (Côtes-d'Armor) lu dans Ouest-France du 8 juillet

Dans l'édition des 28/29 juin, Mgr Maillard, évêque de Laval, fait observer que la diminution du nombre des prêtres est ” liée à l'évolution de la société ”. Je le crois volontiers. Mais pas seulement au fait, comme il le suggère, que le milieu rural d'autrefois, fortement modifié, n'est plus le vivier des vocations. Il me semble que le développement de l'esprit démocratique dans tout le champ de l'activité humaine mine, à la base, la place du clerc dans nos sociétés. Les vérités dont les hommes se nourrissent ne tombent pas du ciel. Elles sont provisoires et partielles et elles sont le produit de nos débats et de nos recherches. Point n'est besoin d'hommes intermédiaires entre Dieu et les hommes qui revendiqueraient un savoir supérieur sur la volonté divine. Pour autant, la transcendance peut demeurer l'ouverture infinie de notre horizon, mais elle est confiée désormais à l'expression symbolique et artistique. Elle ne peut légitimement se constituer en savoir faisant place à un enseignement venant d'en haut. Le clerc est désormais de trop, même s'il s'en recrée sans cesse et de toutes sortes.

Les chrétiens catholiques ont accepté lentement, et avec réticence au début, la démocratie pour la société civile, à usage exerne. Mais jamais à usage interne, comme l'ont fait d'autres chrétiens dès le XVIe siècle.

Lorsque l'Eglise catholique sera capable d'entrer vraiment dans ce processus, elle s'autorisera alors à remanier le mode de désignation et le statut des ministres dont elle aura besoin, mais sans les sacraliser ni les statufier. Sans discrimination non plus entre célibataires et mariés, ou entre hommes et femmes. Il appara”tra alors bien que bien des questions angoissantes aujourd'hui étaient mal engagées et ne prenaient pas en compte l'évolution des groupes humains à l'ère démocratique, dont les sociétés religieuses ne sauraient s'extraire trop longtemps sans se disqualifier (...) ”

Cette lettre a le mérite de préciser à quelles valeurs communie M. Elie Geffray, prêtre, et l'un des conseillers (en matière de culture) de Mgr Fruchaud. Rappelons que Mgr Fruchaud est un des évêques qui tint à témoigner sa sympathie aux amis de Mgr Gaillot lorsque celui-ci fut nommé évêque de Parténia.

on argumentaire au petit bonheur la chance dans les conversations à la buvette de la fête patronale, il aurait pu relire la Lettre sur les exigences de la pensée contemporaine en matière d'apologétique (1896) de M. Blondel (...). Comme la commission Stasi à laquelle il appartient, Delumeau fait de la théologie avec des sondages. Ses références exégétiques sont tirées de Jacques Duquesne et de Hans Kûng, triste gourou de la secte pour une éthique mondiale. Son essai est un fourre-tout qui ressemble au placard des sacristies...”

> St Augustin à l'agrégation

Depuis 2000, ses textes ont été, deux années de suite, proposés dans le cadre de l'option en latin des épreuves de philo. Mais cette fois, l'évêque d'Hippone fait son entrée par la grande porte, l'épreuve écrite d'histoire de la philosophie, où il figure aux côtés de Hegel. Augustin, donc, mais comme théologien, à travers des œuvres aussi essentielles que les Confessions, la Cité de Dieu et le traité De Trinitate. Un événement aussi important que l'arrivée tardive de ce maître spirituel dans la Pléiade en 1998.

L'initiative vient de Vincent Carraud, président du jury de l'agrégation depuis l'an dernier. ce jeune professeur à l'université de Caen est un disciple du philosophe Jean-Luc Marion, chef de file d'une génération d'intellectuels qui tient compte de la révélation chrétienne. Même si Augustin n'a jamais été totalement refoulé, son entrée à l'agrégation a suscité l'émoi au sein du sérail universitaire.

(...) Chargé par le Centre national d'enseignement à distance (Cned) de rédiger un cours d'accompagnement pour les candidats, le professeur Bruno Pinchard, de l'université de Lyon III, a produit 100 pages d'initiation aux trois œuvres programmées, où il met surtout en valeur l'aspect politique de la pensée augustinienne, très liée à un contexte historique. Mais il l'évite l'évocation de l'expérience spirituelle au centre des Confessions - la conversion d'un pécheur.

Ce choix d'Augustin pour l'agrégation a semé une certaine panique dans la profession. L'université n'a pas les moyens d'initier aux arcanes augustiniens en raison d'un déficit abyssal de connaissances religieuses chez les enseignants de philosophie, souvent ausi démunis sur le sujet que les candidats qu'ils sont censés aider. Ils ne seront pas rares, donc, ceux qui vont devoir ouvrir la Bible pour la première fois, afin, tout simplement, de pouvoir décoder une simple page d'Augustin... Du travail en perspective d'ici au 14 avril 2005, jour de l'épreuve...

Jean Mercier, La Vie

> Ste Brigitte dans Le Point (6 juin 2003)

Toute la Suède célèbre actuellement les 700 ans de la naissance de la très catholique Brigitte, sainte de ce royaume luthérien. Après avoir été pendant longtemps boudée, sainte Brigitte a atteint le statut de monument national. Elle est même fêtée en grande pompe par le clergé protestant, qui voit en elle le moyen de satisfaire une quête de mysticisme de plus en plus ouvertement exprimée par ses ouailles. Un évêque luthérien a ainsi été jusqu'à la surnommer récemment ” la sainte de l'Eglise suédoise ”, ce qui n'a pas manqué de provoquer quelques réactions ironiques. ” En ce moment, les luthériens se font plus catholiques que le pape, il ne faut quand même pas pousser ! ” s'exclame un prêtre catholique. Il se trouve simplement que depuis la séparation de l'Eglise et de l'Etat, il y a trois ans, l'Eglise luthérienne, qui s'apparentait presque à un rouage bureaucratique, cherche sa voie. Or le temps presse, car les temples se vident, tandis que la minorité catholique fait preuve d'une étonnante vitalité.

Olivier Truc (à Stockholm)

> Dans Présent du 25 juin 2003

Dans son bulletin diocésain (L'Eglise d'Avignon, No10 du 10 mai 2003), après avoir longuement rendu grâces ”devant les merveilles que Dieu ne cesse de mettre chaque jour sous mes yeux éblouis”, Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d'Avignon, déclare :

” Tout cela ne m'empêche pas d'être tout autant bouleversé devant tant de frères et de sœurs abîmés, défigurés, déchirés par le mal et le péché. Nous sommes loin de pouvoir crier victoire, même en Irak, devant tant de morts, tant de souffrances, de gâchis. Je suis loin de fermer les yeux devant tout ces germes de mort qui habitent notre société. Je ne saurais rester insensible devant des chiffres qui m'annoncent qu'il y a toujours plus de 250000 avortements chaque année dans mon pays, 250000 crimes, vous comprenez. Je ne saurais me taire ! (...) De plus, on nous annonce l'arrivée sur le bureau de l'Assemblée nationale d'un projet de bioéthique qui devrait comporter une disposition autorisant l'expérimentation sur les embryons humains dans le cas d'embryons surnuméraires, expérimentation au nom de la recherche et du progrès scientifique. Mais une recherche dont les moyens ne respectent pas la vie de la personne humaine, quel que soit le stade de son développement, mais qui au contraire la manipule et la détruit ne saurait se justifier. (...) Il m'est impossible également de ne pas crier au scandale devant la légalisation de l'euthanasie dans plusieurs pays d'Europe, ou de me taire devant un article de journal qui s'émerveille de la force morale de telle personne qui vient de mettre fin à ses jours

(...) ” Je ne peux pas non plus rester sans réagir devant tel théologien qui prétend que Jésus ne savait pas qu'il était le Fils de Dieu ou tel autre qui termine un article sur la naissance virginale du Christ par un point d'interrogation. Non ! Jésus est le Verbe incarné et en lui, il y a une seule personne, la personne divine, il n'y a pas de personne humaine dans le Christ et Jésus savait qui il était ! (...) Je ne saurais également cautionner l'édition d'une Bible qui semble avoir gommé volontairement tout le vocabulaire que l'Eglise avait forgé tout au long de son histoire pour rendre compte de la richesse du Mystère ; la foi est bien autre chose qu'une vague confiance, le verbe croire ouvre mes yeux sur l'invisible et me donne dès maintenant de découvrir la présence et l'action de mon Seigneur au cœur de ma vie comme au cœur du monde. Non, cette Bible n'est pas celle de l'Eglise !

” Enfin, avec beaucoup de souffrance, je dois dire que je ne comprends pas pourquoi deux de mes frères évêques (1) se sont fourvoyés dans la publication d'un livre intitulé L'Eglise et l'art d'avant-garde. De la provocation au dialogue. Ce livre porte bien son nom : une provocation ; par contre, je me demande si les photos qui illustrent ce livre relèvent vraiment de l'art au sens où en parlait Jacques Maritain dans son ouvrage L'Intuition créatrice dans l'art et dans la poésie. Je suis tenté de répondre non car ces illustrations ne sont que le reflet des pulsions morbides et sexuelles qui habitent le cœur de l'homme blessé et défiguré par le péché et ne sauraient que conduire à percevoir la transcendance du Beau. D'ailleurs, toute cette recherche sur la Chair et Dieu aurait mérité mieux et je connais des artistes qui ont refusé de participer à ce simulacre d'art. En tout cas, je ne saurais être de ceux qui sont prêts à monter dans n'importe quel train de peur de n'être plus en prise avec la modernité. ”

(1) Mgr Albert Rouet, évêque de Poitiers, et Mgr Gilbert Louis, évêque de Châlon-en-Champagne.

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